Nutrition & Santé

Alimentation du trail runner : quoi manger avant, pendant et après l'effort

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Alimentation du trail runner : quoi manger avant, pendant et après l'effort

L’alimentation du trail runner repose sur trois temps : charger les réserves de glycogène avant la course, maintenir un apport de 30 à 60 g de glucides par heure pendant l’effort, et amorcer la réparation musculaire dans les 30 minutes suivant l’arrivée. Un plan nutritionnel structuré améliore la performance de 5 à 8 % sur les distances supérieures à 30 km (étude Medicine & Science in Sports & Exercise, 2023).

Les bases de la nutrition en trail

Le trail sollicite deux filières énergétiques : les glucides pour les efforts intenses et les lipides pour l’endurance basse intensité. Les réserves de glycogène (musculaire + hépatique) couvrent environ 90 min d’effort soutenu. Au-delà, le ravitaillement fait la différence.

Macronutriments

  • Glucides : carburant principal. En période d’entraînement intense, vise 6 à 8 g par kg de poids corporel par jour. Un coureur de 70 kg a besoin de 420 à 560 g de glucides quotidiens sur une semaine de 10 h d’entraînement
  • Protéines : réparation musculaire. Objectif : 1,4 à 1,8 g/kg/jour. Répartis l’apport sur 4 à 5 prises pour optimiser la synthèse protéique
  • Lipides : source d’énergie en endurance. Les acides gras insaturés (huile d’olive, noix, poissons gras) représentent 25 à 30 % de l’apport calorique total

Micronutriments à surveiller

Le volume d’entraînement en trail expose à des carences spécifiques :

  • Fer : les impacts répétés et la sudation augmentent les pertes. Un dosage de ferritine 1 à 2 fois par an donne un état des lieux fiable. Sources : viande rouge, lentilles, épinards
  • Magnésium : 380 mg/jour pour un homme actif, 310 mg/jour pour une femme. Fruits secs, chocolat noir 70 %+, céréales complètes
  • Vitamines B : métabolisme énergétique. Une alimentation variée couvre les besoins sans supplémentation

Avant la course : surcharge glycogénique J-3

La surcharge glycogénique maximise les réserves de glycogène musculaire. Résultat : +20 à 40 % d’autonomie énergétique le jour J selon les travaux de Bergström et Hultman.

Protocole J-3 à J-1

Augmente la part de glucides complexes à 65-70 % de ton apport calorique total :

  • Matin : porridge d’avoine, pain complet, miel, fruits frais
  • Midi : pâtes ou riz complet, légumes cuits, protéine maigre (poulet, dinde)
  • Soir : patates douces, quinoa ou semoule, légumes, poisson

Dernier repas avant la course

Mange ton dernier repas solide 3 h avant le départ. Deux règles : digeste et glucidique.

  • Évite les fibres en excès, les graisses lourdes et tout aliment jamais testé
  • Classique qui fonctionne : pain blanc + miel, banane mûre, thé ou café
  • Aucun aliment nouveau le jour de la course

Pendant la course : le ravitaillement

La nutrition en course sépare les finishers frais des crampes et des défaillances. Règle de base : commence à manger et boire avant la faim et la soif.

Hydratation

  • 150 à 250 ml toutes les 15 à 20 min
  • Au-delà de 60 min : ajoute des électrolytes (sodium 300-500 mg/h, potassium)
  • Par température > 25 °C : augmente les apports de 30 à 50 %
  • Indicateur fiable : urine jaune clair = bonne hydratation

Apport énergétique

  • 30 à 60 g de glucides par heure dès la première heure d’effort
  • Alterne les sources : gels, barres, fruits secs, pâtes de fruits
  • Aliments solides (pain d’épices, banane) pour les phases lentes
  • Gels pour les phases rapides où la digestion tourne au ralenti

Plan type

MomentApportExemple
Toutes les 20 min200 ml eau + électrolytesFlasque avant
Toutes les 30-45 min30 g glucides1 gel ou 1 barre
Aux ravitaillementsSolide + eauBanane, pain d’épices

Teste ce plan sur tes sorties longues d’entraînement. La course ne sert pas de laboratoire.

Après la course : la fenêtre de récupération

Les 30 à 60 min suivant l’arrivée constituent la fenêtre métabolique optimale. Le muscle capte le glucose 2 à 3 fois plus vite pendant cette période (étude Journal of the International Society of Sports Nutrition, 2017).

Immédiatement après l’effort

  • Glucides rapides : 1 à 1,2 g/kg pour relancer le stockage de glycogène. Boisson de récupération, fruits, pain blanc
  • Protéines : 20 à 30 g pour amorcer la réparation. Lait, yaourt, fromage blanc, whey
  • Hydratation : 1,5 L pour chaque kg perdu pendant l’effort

Les 24 à 48 h suivantes

Maintiens une alimentation riche en glucides et protéines. Intègre des aliments anti-inflammatoires : curcuma, gingembre, fruits rouges, sardines et maquereaux riches en oméga-3. Un protocole de récupération structuré après le trail, sommeil, récupération active, compression, complète cette stratégie nutritionnelle et accélère le retour à l’entraînement.

Les 4 erreurs les plus fréquentes

  • Tester un produit en course : le système digestif sous effort tolère mal les surprises. Teste systématiquement tes ravitaillements à l’entraînement, sur des séances à haute intensité
  • Attendre la faim pour manger : quand la faim arrive, la baisse de glycémie est déjà installée. Anticipe avec un timer toutes les 30 min
  • Négliger les électrolytes : l’eau seule dilue le sodium sanguin au-delà de 60 min. Ajoute 300 à 500 mg de sodium par heure
  • Supprimer les graisses : les lipides alimentent l’endurance basse intensité. Les coureurs de trails longs qui les éliminent perdent leur carburant de fond

Prochaine étape

Tiens un carnet nutritionnel pendant 3 semaines d’entraînement. Note ce que tu manges, bois et ressens sur chaque sortie. Ces données personnelles construisent ta stratégie de course, adaptée à ton organisme.